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Face aux contraintes, certaines braderies résistent

Plusieurs brocantes viennent d’être annulées à cause des contraintes liées à l’état d’urgence.  Hier, à Noyelles-sous-Lens, la braderie a fait de la résistance avec un site sécurisé sans que, toutefois, toutes les demandes de la préfecture soient respectées. En cause : leur coût, trop élevé.  

 

NOYELLES-SOUS-LENS.

C’est une petite dame timide. Soit Josette, 71 ans, de Méricourt, assise entre assiettes et bibelots face aux passants qui, pour le moment, ne s’arrêtent pas souvent. Retraitée, Josette « fait cinq marchés aux puces par an » et s’indigne contre les annulations : « J’ai 710 € par mois, cela m’aide à vivre de vendre des objets, ils y pensent à ça ? Et quand ils n’annulent pas, ils restreignent et réservent les emplacements aux habitants. » Non, elle n’a pas fait attention aux barrières avec bénévoles qui marquent deux entrées de cette brocante de Noyelles-sous-Lens tandis qu’une voiture bloque partiellement la troisième. Il y a le nouvel emplacement aussi : on est passé de la rue de Carvin plus proche du centre à la place de la Libération. « Les points de sécurisation étaient trop nombreux, explique Philippe Cerf, adjoint à la vie associative. L’endroit ici est plus adapté. On a une place entourée de plots et peu d’entrées. » Par rapport aux consignes de la préfecture (lire ci-dessous), il manque cependant les fouilles par des agents de sécurité et des blocs de béton devant les accès. Ce que reconnaît volontiers l’élu : « Comme il faut aussi un accès sécurité, nous aurions dû mettre une grue près d’un bloc pour l’enlever au cas où, vous imaginez le coût ? » Quant aux fouilles... « Il aurait fallu fouiller les puciers, c’est impossible ! De plus, nous aurions dû avoir deux agents de sécurité par entrée. On va en employer pour notre forum des associations qui est en site fermé, cela va nous coûter dans les 5 000 €. » Un tarif trop lourd pour les reins du club de tir qui organise cette braderie aux plus de 300 exposants : « Nous ne pourrions pas nous le permettre, explique Michel Bernard, trésorier de la Société de tir de Noyelles-sous-Lens. Et sans ce que nous rapportent les marchés, nous ne pourrions plus envoyer d’enfants aux championnats de France ni même exister. » D’où, résume l’adjoint, ce compromis : « Nous sécurisons mais sans contraintes financières. Sinon, ils seraient obligés d’annuler. »

Nous aurions dû mettre une grue près d’un bloc pour l’enlever au cas où, vous imaginez le coût ? 

En fait, estime Philippe Cerf, ces consignes sont un transfert de responsabilités : « Ce serait à l’État d’assurer la sécurité. Et encore, on voit bien qu’il y a de plus en plus d’actes terroristes individuels, cela complique beaucoup les choses. En plus, dans la région, il n’y a aucune homogénéité. Certains annulent, d’autres maintiennent sans mesures nouvelles... Et c’est très inégalitaire : on ne demande rien aux marchés ni aux bus ou aux métros. » Un argument que reprend Sandrine, qui vend des vêtements : « Ce n’est pas équitable par rapport aux marchés. Soit on laisse tout le monde tranquille soit on pousse tout le monde à annuler. Et là vous imaginez comme ce serait vide ? »